14 10 09

Blog - Rêveries

Lorsque la douleur a commencé, j’ai tout de suite pensé à ce pic à glace qu’on était en train de me planter dans l’œil droit jusqu’au cerveau. Quand les premières taches sont apparues et ont commencé à danser devant moi, j’ai tout de suite fermé les yeux. Je connais trop bien ces moments pour les côtoyer depuis l’enfance. En attendant que la migraine passe et que les deux aspirines finissent de se décomposer dans cette tasse aux relents de café, je souris en repensant à ce mécanisme de défense que j’avais développé à l’époque où chaque moment était encore l’occasion d’un jeu (une notion dont on devrait se souvenir en tant qu’adulte pour sa capacité à vous aider à supporter chaque instant en vous faisant travailler l’imagination).

Mes canines du haut – époque pré-orthodontiste – avaient une vilaine tendance à vouloir jouer le premier rôle dans ma bouche et à se mettre devant leurs petites camarades (on parle de « malposition dentaire » chez ces blouses blanches qui conduisent de bien jolies voitures de sport). On pourrait facilement en avoir honte quand, aujourd’hui, le premier élément qui vous rapproche des magazines c’est ce sourire parfait et éclatant (merci Colgate).  Mais à cet âge, tout ce qui m’importait c’est qu’en avançant un peu la mâchoire, je devenais un vampire… Mon intolérance chronique à la lumière allait dans ce sens, que pouvoir demander de plus ? Quand je devais fermer les yeux pour laisser le temps à mes yeux de se retrouver leur fonctionnement normal, j’entrainais mon sixième sens et ma capacité à me déplacer à l’instinct (les meubles s’en souviennent).

Aujourd’hui je ne peux pas m’empêcher de sourire en imaginant la tête des mes voisins d’open space si je me mettais à déambuler à l’aveuglette en les menaçant de leur sucer le sang…

Source photo : http://the-zech-republic.deviantart.com/art/teeth-15711809