02 12 09

Don’t push me

Elle m’aurait poussé si elle n’avait pas eu un scrupule.

Boitillant au milieu des couloirs de la station Gare de Lyon, je maudis ma maladresse, les pistes d’athlétisme humides et glissantes, les chaussures trop lisses, le froid hivernal, le besoin d’aller courir après le boulot, l’envie d’être prêt en mars prochain pour faire le tour de Paris.

Et quand, au milieu du 5ème tour de piste, tout ralentit et que le sol se rapproche et que la cheville s’étire sur une angle compliqué… on se sent un peu déçu. Qu’à cela ne tienne, 40 minutes plus tard, épuisé, en sueur, la cheville douloureuse, on s’étire finalement puis on boitille vers la ligne 1 à la recherche d’une pharmacie ouverte après 21h.

La lenteur est le pire ennemi du parisien, trop pressé de s’engouffrer dans les gueules béantes des stations, métros et autres bus. En attendant, le parisien pousse, râle, soupire, accélère, déboite, illumine sa journée d’une queue de poisson bien sentie dans l’escalier mais jamais ne vous fixe dans les yeux.

Tel un Robert Hossein mal rasé à la recherche d’une Angélique direction Château de Vincennes, je clopine dignement en observant la masse colérique se donner la chasse. Pour qui sera le premier café ?

En attendant, j’ai beau être matinal…

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Voir les murs de votre appartement s’émietter sous les coups de marteau rageurs d’un des maçons les plus ponctuels de France (8h du mat, chapeau bas l’artisan), ça fait un léger choc en sirotant le café matinal. C’est probablement la première fois que les quatre habitants de l’appartement sont aussi réveillés avant de partir au bureau. J’appréhende légèrement le retour ce soir pour constater l’étendu des dégâts.