Inspiration ou imposture ?

Un weekend comme je les aime.
Un mélange d’intimité tranquille, de calme et de verres entre amis. Le tout entrecoupé de deux grosses séances d’écriture et d’une douzaine de pages qui viennent s’ajouter au fil de mon histoire.
Face à mon écran, je modèle l’histoire que j’ai envie de raconter. Je ne réfléchis qu’à mon cadre et laisse les personnages avancer d’eux même, posant les obstacles qui me semblent les plus amusants. Le principal moteur de ce travail étant le plaisir que cela m’apporte et l’envie de partager, quand tout cela sera achevé, le résultat de ce moment avec ceux qui me sont chers et peut-être d’autres.
Je n’ai aucune méthode, aucune technique, je laisse s’écouler mes idées sur le papier en croisant les doigts pour que cela éveille en d’autres le plaisir que j’avais, enfant et ado, à dévorer certains livres et à me plonger à corps perdu dans les aventures des héros des autres.
Cette manière de faire, aussi plaisante soit-elle, me laisse aussi un sentiment amer. Et si tout cela n’était qu’une immense imposture ?
Je n’ai strictement aucune idée de la façon “normale” de s’y prendre. J’expérimente, je teste, j’hasarde. Du coup, j’imagine. La pression de mon autre écriture pèse en permanence sur ces moments, où est le cadre ? où est le message ? où est le public cible ? Il n’y en a pas. Il n’y a que moi et ce que je rêve sur papier, loin des dogmes de la pub ou de la com.
Ce projet (je peine à appeler ça un livre tellement rien n’a de forme pour le moment), je ne l’écris pas pour réveiller l’hypothétique public, pour lui ouvrir les yeux, pour lui faire passer un message. Je ne fais qu’écrire ce que j’aime, ce que je voudrais lire, ce que je voudrais que les enfants de ma famille puissent lire. J’essaie de corriger tout ce qui m’irrite dans les romans jeunesse que j’ai pu lire, toutes ces situations qui ne se logent pas dans mon imagination.
Alors, quand l’inspiration se manifeste, j’allume mon petit écran personnel et je décris ce qui s’y passe. D’abord des morceaux de scènes, des personnages, des moments clés, puis je déplace, je modifie, je complète. Un jour, tout cela devrait former une trame.
Si tout va bien.
J’aimerais pouvoir en parler avec ceux qui savent. J’aimerais qu’on me dise, tu vas dans la bonne direction, en sortira ce qui en sortira. Mais, pourtant, je détesterais tout autant qu’on me donne une leçon, qu’on piétine cette absence de méthode qui me libère.
Post largement inspiré par celui de Joann Sfar qui a le don de me rassurer.
♥♥♥♥♥♥♥

Je savais déjà que j’aimais sincèrement le travail de Gaiman et que je pouvais me compter dans les rangs de ses admirateurs anonymes. En regardant Coraline prendre vie sous mes yeux dans un petit cinéma de quartier où des parents merveilleux amènent leurs marmots se confronter à de la version originale (thanks god), j’ai pris une violente claque de motivation. Et puis voir ses yeux s’illuminer dans le noir en découvrant l’histoire m’a juste donné envie d’essayer de la faire rêver un peu par moi-même.