On allait boire nos 20 ans…

Tais-toi donc, Grand Jacques, que connais-tu de l’amour? Des yeux bleus, des cheveux fous, tu n’en connais rien du tout…
Je n’ai jamais appris à faire confiance.
Quand la nuit je me réveille la gorge serrée par l’angoisse de l’inconnu, la boule au ventre et les pieds froids (rien à voir), je m’aperçois que la vie ne m’a pas vraiment armé pour ce genre de situation.
En accordant sa confiance sans conditions, on a un peu l’impression de pénétrer dans le Labyrinthe de Dédale. Mais tout ça à poil, sans armes, sans lumière, sans fil d’Ariane et avec un Minotaure au cul. On tâtonne fébrilement le long des parois à la recherche d’un peu de lumière, trop apeuré pour se mettre à courir. On crie, on pleure, on se lamente sur ce sentiment d’avoir perdu ses repères les plus basiques.
Je suis paumé entre deux extrêmes : le vide et l’excès. La peur de tout engagement et le débordement d’amour. Ce trop plein qui aveugle, qui empêche de dormir, qui vous murmure les pires histoires à l’oreille, celui qui allume en vous la jalousie, l’envie, la peur. Je me débats dans une obsession de plus en plus prégnante répétant chaque jour ces mantras de logique froide qui me rappellent à la réalité et me permettent de me défendre.
J’ai confiance. Mais, je ne suis pas solide, je ne suis pas fort, je ne sais pas faire. Je n’ai jamais eu droit aux cahiers de vacances “relations d’adultes”. Il me manque tous ces petits exercices quotidiens, ces années de pratique, ces entraînements sur cobayes en chair et en os, ces échecs, ces déceptions, ces réussites parfois, ce sentiment d’avoir les pieds sur terre. L’entraînement ne sert qu’à ça finalement, vous donner cette impression que malgré la pire des situations, on maîtrise un peu ce qu’on fait.
J’ai toujours eu peur de cet entraînement et aujourd’hui la vie me rattrape et me rappelle que je tire à balles réelles.
Je veux y arriver. J’espère apprendre un jour.
Et dis-toi donc, grand Jacques,dis le toi bien souvent. C’est trop facile… c’est trop facile de faire semblant.
(c’est trop facile de se planquer derrière des idées toutes faites, c’est plus dur de construire quelque chose, mais c’est tellement plus passionnant.)
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Un livre dont vous êtes le héros n’a jamais aussi bien porté son titre…

C’est à celui-là que j’aurais du jouer, putain…
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Je change mes titres et mes images quand j’écoute du Brel, si je veux. Merde.